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Art et Culture

Astrologie : une histoire ancienne

L’histoire de l’astrologie semble débuter avec les civilisations sumériennes et babyloniennes. Les sources les plus anciennes mentionnant l’astrologie sont les écrits des historiens de l’Antiquité, tels que Diodore de Sicile, qui fait remonter l’astrologie à 473 000 av. J.-C. Entre science, philosophie et religion, l’histoire de l’astrologie a été mouvementée. En effet, astrologie et astronomie n’ont pas toujours été clairement distinguées, l’une et l’autre s’alimentant et s’enrichissant.

L’astrologie durant l’Antiquité

Aux origines de l’astrologie se trouve le constat d’un rapport étroit entre le mouvement apparent des étoiles dans les cieux et certains phénomènes terrestres, tels que les saisons et les marées. Les premiers observatoires des astres, ou ziggourats, remontent au IVe siècle av. J.-C. Les prêtres chaldéens et assyriens s’y retiraient afin d’observer les étoiles et les planètes : taches solaires, phases lunaires ou encore déplacement des étoiles… le ciel représentait une vaste carte à décrypter. Ce sont probablement les civilisations sumériennes et babyloniennes qui sont à l’origine de l’établissement du zodiaque, qui répartit les étoiles fixes dans un système cohérent. Le zodiaque constitue la base même de l’astrologie, en permettant notamment l’élaboration de thèmes astraux.

Grâce aux conquêtes d’Alexandre le Grand, les connaissances de l’Orient en matière d’astrologie se diffusent et gagnent la Grèce, où s’installa Bérose, prêtre et astrologue babylonien. L’astrologie se répand également en Inde, en Égypte ainsi qu’à Rome, où s’illustre Manilius.

L’astrologie en Orient

Alors que l’empereur Justinien ferme les écoles de philosophie d’Athènes en 529, les savants grecs (et bien d’autres) trouvent refuge au sein de l’académie de Gundishapur. Il s’agit du cœur intellectuel de l’empire sassanide, en Perse. L’astrologie et tous les savoirs de l’époque se développent à Gundishapur, qui devient le fleuron de la culture arabo-musulmane. Au cours de cette période, Al-Kindi, son disciple Almumasar, et Thébit marquent l’astrologie de leur empreinte. Très appréciée dans les différents califats, l’astrologie amorce son retour au sein de la civilisation occidentale pendant le Moyen Âge, suite à la conquête de l’Espagne par les Maures.

Moyen Âge et Renaissance : l’astrologie entre ombre et lumière

Dans l’Occident médiéval, l’astrologie est combattue, car tous les arts divinatoires sont considérés comme sacrilèges. Cependant, l’astrologie demeure toujours vivace, elle rencontre aussi bien la faveur des cours royales que des érudits, tels qu’Albert le Grand. Les puissants de l’époque, comme Louis XI et Catherine de Médicis, consultent fréquemment des astrologues. Cette dernière fit appel au célèbre Nostradamus, tout en disposant de ses propres astrologues, Côme Ruggieri étant le plus connu.

La Renaissance représente un tournant majeur pour les arts comme pour les sciences. L’astrologie n’échappe pas à la règle, avec la révolution héliocentrique : le Soleil prend la place centrale, occupée jusque-là par la Terre. Celle-ci devient alors un astre comme les autres, qui tourne autour du Soleil et non plus l’inverse. Les plus célèbres astronomes de la Renaissance, comme Galilée, Kepler ou encore Tycho Brahe, étaient également experts en astrologie. L’enseignement de cette dernière dans les universités est interdit en France en 1666 et au cours des Lumières, astrologie et astronomie empruntent des chemins différents.