- Reims fut pendant des siècles la ville du sacre des rois de France, avec la cathédrale Notre-Dame pour écrin.
- La tradition s’appuie sur le baptême de Clovis par saint Remi et sur l’onction avec l’huile de la Sainte Ampoule.
- Le dernier sacre à Reims est celui de Charles X ; la Révolution avait déjà mis fin à l’usage de la Sainte Ampoule.
- Cathédrale, Palais du Tau et basilique Saint-Remi permettent aujourd’hui de suivre ce fil historique à pied.
L’histoire du sacre à Reims est d’abord celle d’une conviction : pour être pleinement roi de France, il fallait recevoir l’onction dans la ville de saint Remi. Pendant des siècles, les souverains ont pris la route de la cité champenoise pour y être couronnés sous les voûtes de la cathédrale Notre-Dame. Voici le sens de cette cérémonie, son déroulement et les traces qu’elle a laissées, comme un chapitre de notre panorama historique de Reims et de la Champagne.
Si vous préparez une visite, ces repères donnent de la profondeur à chaque pierre : on ne regarde plus une façade de la même façon quand on sait ce qu’elle a vu passer.
Pourquoi les rois venaient-ils se faire sacrer ici ?
Tout part d’une tradition attachée à Clovis. Selon le récit transmis par les chroniqueurs, le roi des Francs aurait été baptisé à Reims par l’évêque Remi, devenu saint Remi. L’épisode est resté dans la mémoire collective comme l’acte de naissance symbolique du royaume chrétien des Francs. Les historiens discutent encore des circonstances et de la date exacte, mais la force du symbole a suffi à faire de la ville un lieu à part.
Au fil des siècles, l’archevêque de Reims s’est imposé comme le principal officiant du sacre, et la cathédrale comme son cadre naturel. Le choix de la ville n’était pas une simple habitude : il rattachait chaque nouveau roi à la lignée de ses prédécesseurs. L’exception la plus célèbre reste celle d’Henri IV, couronné à Chartres, car Reims se trouvait alors dans le camp de ses adversaires.
Pour replacer ce rôle dans le temps long de la cité, de l’Antiquité romaine à nos jours, parcourez la longue histoire de la cité rémoise.
Un rituel codifié, de l’arrivée à l’acclamation
Le sacre n’était pas un simple couronnement : c’était une cérémonie religieuse en plusieurs temps, dont le détail a varié selon les époques. On y retrouve pourtant un fil constant. Le roi prêtait serment, notamment celui de protéger l’Église et son peuple. Il recevait ensuite l’onction avec l’huile contenue dans la Sainte Ampoule, un flacon vénéré que la tradition rattachait au baptême de Clovis.
Venait alors la remise des insignes — selon les cérémonies, l’épée, les éperons, le sceptre, la main de justice et la couronne — puis l’acclamation de l’assistance. Les grands du royaume, laïcs et ecclésiastiques, tenaient un rôle visible dans la cérémonie. C’était donc aussi un acte politique : le royaume se rassemblait autour de son souverain, sous le regard de l’Église.
Une fête pour toute la ville
Pour les Rémois, l’arrivée de la cour était un événement considérable. Les chroniques évoquent des rues parées, des cortèges, des entrées solennelles et des banquets offerts aux invités de marque. La ville mobilisait ses artisans, ses abbayes et ses réserves pour recevoir dignement le roi et sa suite.
Cette dimension festive explique en partie le prestige durable de Reims. Elle s’est aussi inscrite dans l’imaginaire local : lorsque l’on parle aujourd’hui de la cité des sacres, on évoque autant la gravité d’un rite que l’éclat d’une réception. Les vins de la région, dont la réputation était déjà établie à la table des puissants, appartenaient à ce décor — un sujet à aborder, comme toujours, avec mesure et sans jamais en faire un prétexte à l’excès.
La fin d’une tradition
La Révolution rompt le fil. La Sainte Ampoule est brisée en public, même si des fragments auraient été sauvés par des fidèles. Napoléon choisit ensuite de se faire couronner à Notre-Dame de Paris, et non à Reims, ce qui marque une rupture de style autant que de lieu.
Le retour de la monarchie ramène une dernière fois la cérémonie à Reims : Charles X y est sacré en 1825, et il sera le dernier. Mais la cathédrale demeure un lieu de mémoire nationale. Au XXe siècle, elle accueille notamment la célébration de la réconciliation franco-allemande dans les années 1960, un autre moment fort de son histoire.
Sur les traces du sacre : que voir à Reims aujourd’hui
Trois lieux, proches les uns des autres, permettent de suivre cette histoire à pied dans le centre-ville.
- La cathédrale Notre-Dame : classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle impressionne par sa façade sculptée, sa galerie des rois et son célèbre ange au sourire.
- Le Palais du Tau : ancien palais des archevêques, voisin de la cathédrale, il rassemble des objets et des œuvres liés aux sacres.
- La basilique Saint-Remi : elle abrite le tombeau du saint et rappelle le lien ancien entre l’abbaye et la Sainte Ampoule.
Comptez une demi-journée pour les trois sites, en prévoyant des chaussures confortables et un temps de pause entre chaque visite. Vérifiez à l’avance les horaires et les offices, car certaines parties des monuments ne sont pas toujours accessibles.
FAQ
Pourquoi les rois de France étaient-ils sacrés à Reims ?
Parce que la tradition faisait de Reims la ville du baptême de Clovis par saint Remi. Cette origine symbolique a donné au lieu une légitimité que l’on a reconduite de roi en roi.
Tous les rois de France ont-ils été sacrés à Reims ?
Non. La grande majorité l’ont été, mais il y a des exceptions, dont Henri IV, sacré à Chartres, et certains souverains des premiers temps.
Qui est le dernier roi sacré à Reims ?
Charles X, en 1825. Aucune cérémonie de ce type n’a eu lieu depuis dans la cathédrale.
Que reste-t-il de la Sainte Ampoule ?
L’ampoule originale a été brisée pendant la Révolution. Des fragments auraient été conservés et sont encore l’objet de la mémoire locale.
Pour situer les lieux du sacre, consultez la cathédrale de Reims et ses sacres pour la cathédrale, le palais du Tau à Reims pour le palais du Tau et sa restauration, puis la place Royale de Louis XV pour une place et sa statue de Louis XV.
Pour poursuivre la lecture, partez à la découverte de le moine d’Hautvillers et sa légende tenace : son histoire se déroule dans les mêmes terres que celles du sacre.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.
Note : Horaires, tarifs et conditions d’accès de la cathédrale, du Palais du Tau et de la basilique varient selon les périodes et les offices : vérifiez-les auprès de chaque site avant votre visite.

