- Pendant la Première Guerre mondiale, Reims est restée près du front et a subi de longs bombardements.
- La cathédrale, touchée en 1914, est devenue un symbole mondial de la destruction du patrimoine.
- La reconstruction de l’entre-deux-guerres a donné à la ville son visage Art déco.
- En 1945, la capitulation allemande a été signée à Reims ; des lieux de mémoire se visitent aujourd’hui.
Pour comprendre le visage actuel de la ville, il faut regarder Reims pendant les deux guerres mondiales. Aux portes du front en 1914, elle subit des bombardements durables ; en 1945, elle devient le théâtre de la capitulation allemande. Ces deux épreuves ont marqué la mémoire, l’urbanisme et l’identité de la cité des sacres. Ce récit s’inscrit dans notre grande fresque historique rémoise et champenoise.
Il s’agit d’un aperçu, sans chiffres contestables, pour préparer une visite ou nourrir une lecture plus approfondie. Chaque étape de cette histoire se lit encore dans les rues, les pierres et les caves de la ville.
1914 : une ville aux portes du front
Au début de la Grande Guerre, les troupes allemandes atteignent Reims, puis sont repoussées après la bataille de la Marne. La ville se retrouve alors très proche de la ligne de front, qui se stabilise à ses abords. Pendant quatre ans, elle est la cible de tirs d’artillerie, au point que l’on parle de ville martyre.
La vie quotidienne se réorganise. De nombreux habitants se réfugient dans les caves de craie, ces mêmes galeries qui abritent le champagne en temps de paix. Écoles, commerces et services s’y installent parfois en urgence : la ville continue de vivre sous la terre. Cette cohabitation entre vie quotidienne, abris et caves à champagne reste l’un des souvenirs les plus frappants de la période, et elle explique le rapport très particulier que les Rémois entretiennent avec leur sous-sol.
La cathédrale blessée, symbole mondial
En septembre 1914, la cathédrale Notre-Dame est touchée par des obus, et un incendie ravage les échafaudages et la toiture. Les images de l’édifice en flammes font le tour du monde et deviennent un symbole de l’atteinte portée au patrimoine. Des statues sont endommagées ; l’édifice reste debout.
Sa restauration s’étalera sur de longues années. Elle marque durablement les Rémois, pour qui la cathédrale est un repère autant qu’un monument. Les années suivantes verront une restauration d’ampleur, soutenue par des dons venus de loin, preuve de l’émotion suscitée par cette atteinte. En la visitant, observez les traces des réparations et le contraste entre pierres anciennes et pierres neuves.
Reconstruire : le visage Art déco de la ville
À la fin de la guerre, Reims est très largement détruite. La reconstruction mobilise architectes, urbanistes et mécènes, et donne naissance à une ville nouvelle, ordonnée et moderne. Beaucoup d’immeubles du centre portent la marque du style Art déco, avec ses lignes géométriques, ses ferronneries et ses ornements soignés.
Cette période est une clé de lecture précieuse : lorsque vous flânez dans le centre, l’harmonie des façades vient en grande partie de cette reconstruction conduite en peu de temps. C’est aussi à cette époque que les maisons de champagne reprennent leur activité, dans des caves qui avaient servi d’abri. Le travail de la prise de mousse, expliqué dans l’histoire de la méthode champenoise, est resté un savoir-faire transmis de génération en génération.
1939-1945 : occupation, libération et capitulation
La Seconde Guerre mondiale replace Reims dans l’histoire. La ville est occupée, puis libérée à la fin de l’été 1944. Elle devient ensuite un lieu stratégique pour les forces alliées : un quartier général s’y installe, dans un bâtiment scolaire.
C’est là que, en mai 1945, la capitulation de l’Allemagne est signée. Reims devient alors, pour un temps, la ville où l’on annonce la fin des combats en Europe. Cet épisode ajoute une page majeure à l’histoire d’une cité déjà associée aux sacres et à la mémoire de la Grande Guerre. Aujourd’hui, un musée consacré à la reddition permet de découvrir la salle où s’est déroulé l’événement ; vérifiez ses horaires avant de vous déplacer.
Faire mémoire : quoi voir et comment s’y prendre
Pour relire cette histoire sur place, quelques pistes suffisent :
- la cathédrale, pour ses blessures et sa restauration ;
- les rues du centre, pour l’architecture Art déco ;
- le musée de la reddition, pour la fin de la Seconde Guerre mondiale ;
- des sites de mémoire autour de la ville, à étudier selon vos centres d’intérêt.
Pour un parcours à pied, partez tôt, comptez une demi-journée et prévoyez une pause. Si vous poursuivez par une visite de cave, rappelez-vous que la dégustation se fait en petite quantité et qu’un conducteur doit rester sobre : un jour de mémoire appelle de la retenue.
FAQ
Pourquoi appelle-t-on Reims une ville martyre ?
Parce qu’elle a subi de longs bombardements pendant la Première Guerre mondiale, tout en restant proche du front. Une grande partie de la ville a été détruite.
Où les habitants se sont-ils abrités en 1914-1918 ?
Beaucoup se sont réfugiés dans les caves de craie, notamment celles des maisons de champagne, où la vie s’est partiellement organisée.
Où la capitulation allemande a-t-elle été signée ?
À Reims, en mai 1945, dans un bâtiment qui servait de quartier général aux forces alliées. Un musée en conserve la mémoire.
Pourquoi le centre de Reims est-il en grande partie Art déco ?
Parce que la ville a été largement reconstruite après la Première Guerre mondiale, à une époque où ce style dominait.
Pour prolonger ce récit sur place, voyez le fort de la Pompelle, consacré à la mémoire de la Grande Guerre, puis la bibliothèque Carnegie de Reims et le cimetière du Nord rémois, deux autres lieux rémois liés à l’histoire de la ville.
Reims a connu d’autres moments décisifs, bien plus anciens : suivez Jeanne d’Arc jusqu’au sacre de Charles VII pour revenir au XVe siècle.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.
Note : Horaires, tarifs et conditions d’accès des sites de mémoire et des musées varient et peuvent changer : vérifiez-les avant votre visite.

