- Les crayères de Reims sont d’anciennes carrières de craie souvent d’origine très ancienne, reconverties en caves.
- Celles de la colline Saint-Nicaise font partie du bien UNESCO des Coteaux, Maisons et Caves de Champagne.
- Elles ont aussi servi de refuge à la population pendant la Grande Guerre.
- On les visite avec une maison de champagne : réservez, prévoyez une veste et dégustez avec modération.
Sous Reims s’étend un monde souterrain étonnant : les crayères. Ces galeries creusées dans la craie, que l’on dit volontiers « classées », abritent aujourd’hui les bouteilles des maisons de champagne. Parler de crayères UNESCO à Reims, c’est évoquer la colline Saint-Nicaise, dont les caves participent à l’inscription du bien au patrimoine mondial. Ces lieux prolongent la lecture du patrimoine champenois et de ses sites protégés.
Voici ce que sont ces crayères, pourquoi elles sont reconnues et comment les visiter.
Qu’est-ce qu’une crayère ?
Une crayère est une ancienne carrière de craie. Les Gallo-Romains en extrayaient déjà pour construire, et l’exploitation s’est poursuivie pendant des siècles. Les galeries s’ouvrent souvent par un puits étroit, puis s’élargissent en chambres hautes et voûtées, parfois en forme de pyramide inversée, un dispositif qui limitait les risques d’effondrement tout en facilitant l’extraction.
Une fois la craie retirée, ces vides ont trouvé une seconde vie : ils offrent une température fraîche et stable, une bonne humidité et l’obscurité, soit les conditions idéales pour conserver et faire mûrir des bouteilles.
Pourquoi on dit « classées »
L’expression est courante, mais elle mérite une précision. Les crayères de la colline Saint-Nicaise font partie du bien inscrit à l’UNESCO, preuve de leur valeur patrimoniale. Pour comprendre l’ensemble de l’inscription, lisez notre dossier sur l’inscription UNESCO des coteaux et des caves.
Retenez que toutes les crayères de la région ne se visitent pas, et que certaines restent des propriétés privées. L’important est de les aborder avec respect, comme une partie de la mémoire de la ville.
Un refuge pendant la Grande Guerre
Ces souterrains ont joué un rôle essentiel pendant les bombardements de 1914-1918. Les habitants de Reims y ont trouvé un abri, parfois pendant de longues périodes, et certaines caves ont accueilli des installations de fortune, comme des dortoirs ou des lieux de vie. C’est une page forte de l’histoire locale : le sous-sol qui protège le vin a aussi protégé les hommes.
Cette mémoire donne une autre dimension à la visite : on ne descend pas seulement dans une cave, mais dans un lieu qui a sauvé des familles.
Une architecture souterraine étonnante
Dans une crayère, le regard est d’abord attiré par les volumes. Les parois claires, taillées dans la craie, montent haut vers la voûte ; les couloirs se croisent, parfois sur plusieurs niveaux, et dessinent un véritable labyrinthe. Selon les lieux, on aperçoit encore des traces d’outils, des inscriptions ou des escaliers très anciens. Ce décor explique le surnom de cathédrales de craie que l’on donne à certaines salles.
Dans les caves en activité, les bouteilles reposent sur des supports en bois ou sur des pupitres, couchées ou inclinées selon l’étape. Les gestes de la méthode champenoise, comme le remuage, y sont parfois expliqués par un guide. Le contraste entre la pierre brute et la précision du travail du vin est saisissant.
Notez enfin que l’humidité est élevée et que la lumière reste faible : si vous photographiez, évitez le flash et respectez les consignes de votre guide. Les enfants peuvent descendre, mais restez attentifs aux escaliers et au sol parfois humide.
Des galeries au vignoble
Au-dessus de ces galeries, la craie forme aussi le sous-sol des vignes. Elle retient l’eau, la restitue lentement, et participe à ce qui fait le caractère des vins de la région. Pour saisir ce lien entre sous-sol et surface, parcourez ensuite le paysage viticole qui les surplombe, qui replace ces galeries dans le grand paysage champenois.
Visiter une crayère
La plupart des visites se font avec une maison de champagne, qui propose la descente, l’explication de la méthode champenoise (prise de mousse en bouteille, remuage, dégorgement) et, en fin de parcours, une dégustation. Voici quelques conseils pratiques.
- Réservez à l’avance, surtout le week-end et en haute saison.
- Prévoyez une veste et des chaussures confortables : la fraîcheur est constante, et les escaliers sont nombreux.
- Renseignez-vous sur l’accessibilité, car l’accès aux caves peut limiter la visite aux personnes à mobilité réduite.
- Dégustez avec modération et désignez un conducteur sobre, ou venez à pied depuis le centre.
Enfants et femmes enceintes peuvent descendre, mais seuls les adultes dégustent, et les femmes enceintes s’abstiennent ; les maisons proposent souvent du jus de raisin aux plus jeunes.
Informez-vous sur la durée de la visite et sur le nombre de marches : certaines crayères se descendent par de longs escaliers, ce qui peut convenir difficilement aux personnes fragiles. À Reims, la colline Saint-Nicaise est accessible depuis le centre en transports ou en taxi, ce qui simplifie le trajet quand une dégustation est prévue.
FAQ
Qu’est-ce qu’une crayère ?
C’est une ancienne carrière de craie, dont les galeries ont été réutilisées comme caves. Leur température fraîche et stable convient à la conservation du champagne.
Les crayères de Reims sont-elles inscrites à l’UNESCO ?
Celles de la colline Saint-Nicaise font partie du bien Coteaux, Maisons et Caves de Champagne, inscrit en 2015.
Peut-on les visiter sans dégustation ?
Beaucoup de maisons proposent des formules de visite avec ou sans dégustation. Renseignez-vous au moment de la réservation.
Fait-il froid dans les crayères ?
Oui, la température y reste fraîche toute l’année. Prévoyez une veste, même en plein été.
Dans le quartier de la colline Saint-Nicaise, l’église Saint-Nicaise et son abbaye disparue raconte le nom, l’église et le quartier, tandis que Taittinger et les caves Saint-Nicaise présente l’histoire et les caves de Taittinger et la fiche Pommery à Reims les styles et la visite de Pommery.
Prêt à descendre sous la ville ? Réservez une visite de cave, de préférence le matin, et relisez le dossier sur l’inscription du bien viticole pour situer ce que vous aurez vu.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.
Note : Horaires, conditions d’accès et tarifs de visite varient selon les maisons ; vérifiez-les et réservez auprès de chaque établissement avant de vous déplacer.

